"De loin déjà les cris des cochons me transpercent comme un poignard."
"Par derrière, quelque chose se frotte à moi à la hauteur des genoux; je me tourne et j'aperçois deux yeux bleus vifs. Je connais de nombreux amis des animaux qui s'enthousiasment pour les yeux animés de sentiments si profonds des chats, pour le regard indéfectiblement fidèle des chiens. Mais qui parle de l'intelligence et de la curiosité perceptibles dans les yeux d'un cochon? Bientôt, j'apprendrai à les connaître, ces yeux, mais d'une autre manière: muets de peur, abattus de douleur, puis vidés, brisés, exorbités, roulant sur un sol maculé de sang. Une pensée me traverse l'esprit comme un couteau acéré, et elle me reviendra des centaines de fois au cours des semaines suivantes: Manger de la viande est un crime – un crime ... " [...]
"Le sentiment de culpabilité, quand on assiste à un meurtre sans intervenir, est d'un poids aussi lourd que si on l'avait accompli soi-même. Je me sens infiniment coupable."
"C'est comme si cette souillure et cette odeur allaient s'accrocher à moi pour toujours. Sortir, seulement sortir d'ici ... "
"Jamais plus ceux qui mangent de la viande ne pourront être mes amis à nouveau. Jamais, jamais plus. Je pense que tous ceux qui mangent de la viande devraient être envoyés ici, et voir ce qui s'y passe, du début à la fin. Leur escalope blanchie, stérile, achetée au supermarché, n'a plus les yeux qui déversent des flots de larmes de frayeur devant la mort, pas plus qu'elle ne hurle quand le couteau va frapper. "
"Vous tous qui vous nourrissez des cadavres de la honte, cela vous est soigneusement épargné, vous qui dites: «Non, moi, cela je ne pourrais pas le faire»."
Pour un petit morceau de viande, nous volons une âme de lumière et l'espace de temps dans laquelle elle est née et pour lequel elle se réjouissait.
Plutarque
Source: http://www.reseaulibre.net/rage/abattoir.html
